{"id":1053,"date":"2026-02-04T20:21:15","date_gmt":"2026-02-04T19:21:15","guid":{"rendered":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/?p=1053"},"modified":"2026-02-04T20:23:56","modified_gmt":"2026-02-04T19:23:56","slug":"le-bestiaire-de-la-bible-recension-par-marion-duvauchel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/?p=1053","title":{"rendered":"Le bestiaire de la Bible : Recension par Marion Duvauchel"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"464\" height=\"657\" src=\"https:\/\/enseignement-froger.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/symbolisme-Froger-Bestiaire-Bible.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-410 size-full\" srcset=\"https:\/\/enseignement-froger.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/symbolisme-Froger-Bestiaire-Bible.png 464w, https:\/\/enseignement-froger.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/symbolisme-Froger-Bestiaire-Bible-212x300.png 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><em>Le Bestiaire de la Bible<\/em> \u2013 Jean-Fran\u00e7ois Froger, (\u00e9ditions D\u00e9sIris -1994)<\/p>\n\n\n\n<p>Recension \u2013 Marion Duvauchel<\/p>\n\n\n\n<p><em>A la m\u00e9moire de Jean-Pierre Durand<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant longtemps, le terme \u00ab&nbsp;hapax&nbsp;\u00bb a qualifi\u00e9 les mots ou expressions impossibles \u00e0 traduire de fa\u00e7on certaine parce qu\u2019il n&rsquo;en existe qu&rsquo;une seule occurrence dans la litt\u00e9rature disponible. Par analogie, <em>le Bestiaire de la Bible<\/em> est un \u00ab&nbsp;hapax&nbsp;\u00bb. Il n\u2019existe qu\u2019un seul ouvrage de ce type dans l\u2019abondante litt\u00e9rature qui traite de ce qu\u2019on appelle le&nbsp;\u00ab symbolisme&nbsp;\u00bb terme aussi flou que la litt\u00e9rature sur le sujet : depuis les dictionnaires des symboles de toutes ob\u00e9diences&nbsp;(embl\u00e8mes, attributs, symboles ma\u00e7onniques) jusqu\u2019\u00e0 la psychanalyse la plus absconse (<em>L\u2019homme et ses symboles <\/em>de Jung)<em>. <\/em>Tous ces ouvrages g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9s \u00e0 la question des mythes, des r\u00eaves, des coutumes, maintiennent l\u2019id\u00e9e (aussi vague soit-elle) d\u2019une connaissance accessible par le biais des symboles. Mais cette connaissance trouve son ancrage principal dans le champ de l\u2019imaginaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ecrit \u00e0 deux mains, celles des deux esprits complices et compl\u00e9mentaires du bibliste et du zoologiste, on quitte avec ce livre le \u00ab&nbsp;symbolisme&nbsp;\u00bb pour entrer dans <em>la fonction symbolique<\/em>, fonction centrale dans une saine th\u00e9orie de la connaissance. Elle viendra d\u2019ailleurs, dans des ouvrages plus tardifs de l\u2019auteur. Mais d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, il a sem\u00e9 dans chacun des chapitres, tout un jeu de cl\u00e9s qui dessinent une route, un chemin de connaissance. Formellement, on compte trente-six chapitres, mais d\u2019animaux on en compte bien plus, car il faut compter les quaternit\u00e9s d\u2019animaux, ceux qui vont un petit peu ensemble zoologiquement, ceux dont on ne soup\u00e7onnerait pas qu\u2019ils appartiennent au genre animal, comme l\u2019\u00e9ponge, associ\u00e9e au fait \u00ab&nbsp;<em>de retrouver la puissance des petits-enfants<\/em>&nbsp;\u00bb. Qui n\u2019en a pas r\u00eav\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Bestiaire<\/em> s\u2019adresse \u00e0 tous ceux qui pensent que l\u2019homme ne se nourrit pas seulement d\u2019\u00e9quations math\u00e9matiques, de loisirs pas chers et de d\u00e9couvertes majeures sur Tik Tok. Ceux qui pensent ou sentent que la vie de l\u2019homme ne s\u2019enracine pas seulement dans la raison pure ou calculante, mais que l\u2019homme entretient avec les choses du monde un rapport privil\u00e9gi\u00e9, qu\u2019on appellera \u00ab&nbsp;symbolique&nbsp;\u00bb parce qu\u2019il est commode de pouvoir nommer les choses dont on parle et qu\u2019il est mieux encore de comprendre la r\u00e9alit\u00e9 que le mot recouvre. Ce livre (illustr\u00e9) ne peut qu\u2019int\u00e9resser ceux qui d\u00e9sesp\u00e8rent de la raison ou de la froide abstraction. Il y en a. Et parce qu\u2019il draine aussi des ann\u00e9es de patiente ex\u00e9g\u00e8se et une connaissance anthropologique aussi large que profonde, il s\u2019adresse aussi \u00e0 ceux qui ne trouvent pas une nourriture substantielle dans les bavardages th\u00e9ologiques. Car correctement entendu, le symbole est l\u2019une des deux ailes de la connaissance&nbsp;: l\u2019analogie. L\u2019autre est la logique et elles ne sont pas concurrentes&nbsp;: on ne vole pas avec une seule aile. Voir sur ce point &nbsp;le chapitre sur l\u2019aigle.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Fran\u00e7ois Froger affiche d\u2019embl\u00e9e l\u2019ambition qui soutient son ouvrage : <em>\u00ab&nbsp;il y a une v\u00e9ritable science du symbole (\u2026) une connaissance qui s\u2019\u00e9tablit exp\u00e9rimentalement, selon des proc\u00e9dures convenables <\/em>(qui conviennent) <em>\u00e0 ce sujet particulier d\u2019\u00e9tude<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette proc\u00e9dure commence par une connaissance<em> r\u00e9elle<\/em> de la <em>chose r\u00e9elle&nbsp;: <\/em>le lion r\u00e9el, le taureau r\u00e9el, l\u2019aigle r\u00e9el, les oiseaux du ciel r\u00e9els, le cochon r\u00e9el\u2026 &nbsp;Parce qu\u2019il faut la connaissance r\u00e9elle de l\u2019animal \u00e9tudi\u00e9, chaque objet d\u2019\u00e9tude b\u00e9n\u00e9ficie de deux approches&nbsp;: d\u2019une part celle du zoologue (Jean-Pierre Durand) qui fournit la notice zoologique savante et d\u2019autre part l\u2019analyse proprement symbolique qui int\u00e8gre des aspects ex\u00e9g\u00e9tiques, des questions relevant de la m\u00e9taphysique ou de la th\u00e9ologie \u2013 pour construire pr\u00e9cis\u00e9ment des analogies s\u00fbres. Car le ressort de la fonction symbolique, c\u2019est l\u2019analogie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut saluer le travail du zoologiste et l\u2019ensemble de ces notices r\u00e9alis\u00e9es par Jean-Pierre Durand qui constituent une micro-encyclop\u00e9die de nos amies les b\u00eates.<\/p>\n\n\n\n<p>On a dit et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019envi que si le monde h\u00e9bra\u00efque privil\u00e9gie les images, c\u2019est parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;traditionnelle&nbsp;\u00bb de gens qui poss\u00e9daient des troupeaux et vivaient sous des tentes en contact avec la nature. Ils connaissaient de pr\u00e8s les scorpions, les serpents, les agneaux et tout un bestiaire qu\u2019on retrouve dans l\u2019Ancien Testament. \u00c7a n\u2019est pas compl\u00e8tement idiot mais c\u2019est loin d\u2019\u00eatre satisfaisant. La contingence historique n\u2019explique pas tout, et surtout pas l\u2019essentiel, \u00e0 savoir la notion m\u00eame de Cr\u00e9ation et le texte qui donne les cl\u00e9s d\u2019intelligibilit\u00e9 de la nature humaine&nbsp;: la Gen\u00e8se. Si les animaux d\u00e9filent devant Adam&nbsp;qui doit les nommer, c\u2019est qu\u2019ils pr\u00e9sident \u00e0 la naissance du langage.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces&nbsp;choses&nbsp;du monde que l\u2019on trouve dans les Ecritures (et dans le monde sensible qui est le n\u00f4tre) figurent des r\u00e9alit\u00e9s intelligibles&nbsp;; elles sont, dans la contingence, des formes qui existent en nous, dont le sens intelligible est port\u00e9 par ces cr\u00e9atures que nous appelons les anges. Le protocole est pr\u00e9cis, il demande du temps, de la patience, de la discipline (il est d\u00e9crit dans des ouvrages plus tardifs, <em>Structure de la connaissance<\/em> avec le regrett\u00e9 Robert Lutz, mais aussi dans <em>Enigme de la pens\u00e9e<\/em>). Car de m\u00eame qu\u2019il est \u00ab&nbsp;convenable&nbsp;\u00bb que les interpr\u00e9tations symboliques soient fond\u00e9es en r\u00e9alit\u00e9, (les objets r\u00e9els et non les formes mythologiques qui les v\u00e9hiculent) il est convenable \u00ab&nbsp;<em>de lire attentivement les Ecritures&nbsp;pour pr\u00e9server l\u2019exactitude des images concr\u00e8tes dont se sert le texte pour signifier son sens&nbsp;\u00bb<\/em>. La fonction symbolique requiert rigueur et pr\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<p>Que figurent donc ces animaux que la Bible \u00e9voque ou mentionne&nbsp;? La pr\u00e9face de Michel-Gabriel Mouret se pr\u00e9sente comme une sorte de \u00ab&nbsp;bande-annonce&nbsp;\u00bb : ils sont, \u00e9crit-il, une <em>\u00ab&nbsp;m\u00e9taphore des m\u00e9canismes psychobiologiques dont l\u2019homme ne ma\u00eetrise pas l\u2019\u00e9mergence (\u2026) mais qu\u2019il peut int\u00e9grer dans une alliance de conscience&nbsp;<\/em>\u00bb. Cette alliance est la premi\u00e8re des actions de Dieu au long de l\u2019histoire. C\u2019est l\u2019alliance avec No\u00e9, ce patriarche qui construit une arche pour y int\u00e9grer toutes les esp\u00e8ces animales et \u00e9viter qu\u2019elles ne soient d\u00e9truites sous les eaux du d\u00e9luge. La le\u00e7on symbolique est claire&nbsp;: l\u2019homme n\u2019est pas un animal mais il contient en lui la totalit\u00e9 du monde animal. C\u2019est aujourd\u2019hui une r\u00e9alit\u00e9 largement effac\u00e9e et remplac\u00e9e par le mythe de notre parent\u00e9 avec les primates. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les animaux d\u00e9crivent donc \u00ab&nbsp;<em>(par les analogies r\u00e9elles tir\u00e9es de leurs caract\u00e9ristiques zoologiques), la vie de la psych\u00e9 humaine en son contact avec le corps et l\u2019esprit&nbsp;\u00bb. <\/em>Ils nous informent donc en profondeur. C\u2019est pourquoi le premier chapitre d\u00e9crit les Quatre Vivants, (les quatre Evang\u00e9listes) et les animaux qui leur sont associ\u00e9s&nbsp;: le lion de Marc, le taureau de Luc, l\u2019aigle de Jean. (Matthieu n\u2019a pas de repr\u00e9sentant animal). Ils d\u00e9crivent un parcours, un passage, une transformation&nbsp;: celle de l\u2019homme psychique en l\u2019homme spirituel. C\u2019est le programme.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage fait ainsi d\u00e9couvrir le sens du dragon \u00e9norme, du grand poisson, du l\u00e9zard, de la fourmi, des sauterelles dont se nourrissait Jean le Baptiste, de la panth\u00e8re qui figure le \u00ab&nbsp;Tout animal&nbsp;\u00bb et de bien d\u2019autres. Chaque titre est de soi une piste donn\u00e9e au lecteur. L\u2019araign\u00e9e <em>invite \u00e0 consid\u00e9rer en tremblant la libert\u00e9 ang\u00e9lique<\/em>. Il y a \u00ab&nbsp;nombre et nombres&nbsp;\u00bb coassent les grenouilles et si le renard est si malin, c\u2019est parce qu\u2019il \u00e9vite les pi\u00e8ges qui lui sont tendus. Oui, mais le lion aussi, qui d\u00e9vore la gazelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est l\u2019embl\u00e8me de l\u2019\u00e9l\u00e9gance\u00a0! Qui pourrait y demeurer insensible\u00a0? Le symbolisme de la gazelle se comprend \u00e0 partir du <em>Cantique des Cantiques<\/em> et dans une quaternit\u00e9\u00a0: antilope -gazelle-oryx\u2013chamois. Et c\u2019est ainsi qu\u2019en quelques pages le lecteur est initi\u00e9 \u00e0 ce terme myst\u00e9rieux de la th\u00e9ologie\u00a0: l\u2019\u00e9pectase. Le d\u00e9sir du Beau qui nous entra\u00eene sans cesse et qui ne cesse de s\u2019\u00e9tendre. On trouve une version grecque de ce symbolisme dans <em>Le mythe d\u2019Eros et Psych\u00e9 dans une nouvelle traduction de Bernard Verten, <\/em>du m\u00eame auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les oiseaux du ciel nous apprenons qu\u2019il ne faut pas introduire de calcul dans les processus d\u2019inspiration et avec le l\u00e9zard l\u2019importance de la distinction entre le pur et l\u2019impur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui, comme moi, connaissent un peu les arguties des Scolastiques savent que Duns Scott et Thomas d\u2019Aquin se sont chamaill\u00e9s sur la question du principe d\u2019individuation. Ils l\u2019ont fait dans une langue technique un peu obscure, voire ardue, pour ne pas dire r\u00e9barbative, au moins pour ceux qui ne disposent pas du temps et de la patience n\u00e9cessaire. Duns Scott s\u2019est m\u00eame fendu d\u2019un livre intitul\u00e9 <em>Le principe d\u2019individuation<\/em>. C\u2019est de la haute m\u00e9taphysique sur fond de discussion th\u00e9ologique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00d4 merveille, cette m\u00e9taphysique devient accessible \u00e0 partir du cochon. Cela m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9 et c\u2019est pourquoi il est l\u2019animal tout choisi pour donner un coup de projecteur sur la question (philosophique) de la libert\u00e9 humaine. L\u2019auteur rappelle d\u2019abord un point essentiel&nbsp;: \u00ab<em> les parents ne font que communiquer les conditions charnelles de l\u2019existence, non la vie m\u00eame de l\u2019\u00e2me. Ils communiquent l\u2019esp\u00e8ce, non l\u2019individu. <\/em>L\u2019homme ne poss\u00e8de pas en lui-m\u00eame son principe d\u2019individuation. <em>Il faut qu\u2019il veuille son unit\u00e9 selon un principe qu\u2019il doit choisir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment. Il peut choisir de s\u2019individuer dans son groupe naturel, un peu comme un animal<\/em>&nbsp;: disons sa famille (restreinte ou \u00e9largie), sa tribu, sa secte, sa \u00ab&nbsp;Oumma&nbsp;\u00bb, son groupe d\u2019appartenance comme disent les sociologues, ses copains d\u2019abord.&nbsp;<em>Il peut aussi s\u2019individuer selon une divinit\u00e9 parce qu\u2019il entre en contact avec un arch\u00e9type qui le subjugue&nbsp;\u00bb.<\/em> Prolongeons\u2026 Il devient sectateur, gourou ou illumin\u00e9. Toutes les pratiques occultistes mettent ainsi en contact avec ces \u00ab&nbsp;arch\u00e9types&nbsp;\u00bb, entendez \u00ab&nbsp;d\u00e9mons&nbsp;\u00bb. L\u2019homme peut aussi refuser tout principe d\u2019individuation comme le bouddhisme semble y pr\u00e9tendre. Ce n\u2019est qu\u2019illusion car le bouddhiste s\u2019individue selon la divinit\u00e9 qu\u2019on appelle le Bouddha. Voil\u00e0 qui pourrait nous \u00e9clairer par ailleurs sur le principe d\u2019individuation dans des soci\u00e9t\u00e9s aussi in\u00e9galitaires que l\u2019islam o\u00f9 il est interdit de choisir son principe d\u2019individuation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui fait que je suis \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb, c\u2019est d\u2019abord bien s\u00fbr que je suis fils de\u2026 (fille de\u2026). C\u2019est le d\u00e9but de la construction humaine et un conditionnement in\u00e9vitable. C\u2019est aussi le choix radical du chr\u00e9tien. \u00ab&nbsp;<em>L\u2019homme peut aussi renoncer \u00e0 construire sa propre hypostase humaine et choisir de s\u2019individuer en recevant en lui-m\u00eame le Verbe divin, pour \u00eatre adopt\u00e9 comme Fils de Dieu&nbsp;\u00bb<\/em>. Voil\u00e0 qui \u00e9claire un dogme fondamental du christianisme&nbsp;: l\u2019Incarnation.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sans l\u2019Incarnation (du Verbe), cette individuation serait impossible et les hommes ne pourraient que servir de supp\u00f4t aux d\u00e9mons ou construire une individuation purement humaine, injuste en sa racine&nbsp;\u00bb<\/em>. Entre la brute animale ou la satanisation\u2026 Car cette individuation humaine est source de cette surench\u00e8re que l\u2019on ne conna\u00eet que trop dans la soci\u00e9t\u00e9 humaine et qui s\u2019affirme dans la soif de prestige, d\u2019argent de pouvoir, d\u2019apparat ou tout autre idole \u00e0 laquelle l\u2019homme s\u2019est soumis. C\u2019est la structure mim\u00e9tique mise en \u00e9vidence par Ren\u00e9 Girard. Choisir le Christ, c\u2019est renoncer \u00e0 construire son \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb et ses \u00e9tayages les plus divers, ses fictions, ses illusions et le besoin de se pr\u00e9valoir d\u2019\u00eatre le meilleur, la plus belle, le plus dou\u00e9 etc\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi donc le porc est-il consid\u00e9r\u00e9 comme un animal impur&nbsp;? Manger de la chair de porc, dit l\u2019auteur,&nbsp;\u00bb <em>est compris dans une s\u00e9rie d\u2019actes qui ont pour objet le culte des esprits mauvais<\/em>&nbsp;\u00bb. Pourquoi donc les d\u00e9mons quittent le corps du poss\u00e9d\u00e9 pour entrer dans un troupeau de porc. Un d\u00e9mon pour chaque porc\u2026 Oui, mais que de d\u00e9mons un seul humain peut entretenir en lui. Jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9sint\u00e9gration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre ouvre bien des portes et bien des perspectives, propres \u00e0 chaque animal \u00e9tudi\u00e9. Il \u00e9claire en particulier bien des questions que la th\u00e9ologie traite abstraitement ou trop techniquement. Mieux encore, la description minutieuse de ce monde animal et l\u2019ensemble des interpr\u00e9tations qui en sont donn\u00e9, fond\u00e9e sur des analogies rigoureuses, livre une connaissance vraie de la symbolicit\u00e9 de l\u2019homme, dans sa nature humaine. Et elle donne des cl\u00e9s pr\u00e9cieuses et in\u00e9dites \u00ab&nbsp;<em>sur la vie de la psych\u00e9 en son contact avec le corps et l\u2019esprit&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Disons-le, sur la vie de l\u2019\u00e2me\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0 Le Bestiaire de la Bible \u2013 Jean-Fran\u00e7ois Froger, (\u00e9ditions D\u00e9sIris -1994) Recension \u2013 Marion Duvauchel A la m\u00e9moire de Jean-Pierre Durand Pendant longtemps, le terme \u00ab&nbsp;hapax&nbsp;\u00bb a qualifi\u00e9 les mots ou expressions impossibles \u00e0 traduire de fa\u00e7on certaine parce qu\u2019il n&rsquo;en existe qu&rsquo;une seule occurrence dans la litt\u00e9rature disponible. 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