{"id":567,"date":"2024-08-16T10:26:36","date_gmt":"2024-08-16T08:26:36","guid":{"rendered":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/?page_id=567"},"modified":"2024-09-08T11:32:15","modified_gmt":"2024-09-08T09:32:15","slug":"preface-moise-et-oedipe","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/?page_id=567","title":{"rendered":"Pr\u00e9face : Mo\u00efse et \u0152dipe"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pr\u00e9face du <\/strong>P\u00e8re Francisco Jos\u00e9 L\u00f3pez S\u00e1ez<\/p>\n\n\n\n<p>pour l\u2019ouvrage \u00ab&nbsp;<strong>Mo\u00efse et \u0152dipe<\/strong>&nbsp;\u00bb de J-F Froger<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Parcours de la Sphynge d\u2019\u0152dipe \u00e0 la Croix du Christ, en traversant le myst\u00e8re marial du Buisson Ardent de Mo\u00efse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le titre de ce livre pourrait nous surprendre&nbsp;: comment trouver des points communs entre le mythe d\u2019\u0152dipe et la vie de Mo\u00efse, appartenant \u00e0 deux univers tellement \u00e9loign\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre que l\u2019on douterait de la pertinence de toute comparaison&nbsp;? Ces pages nous conduiront-elles dans un labyrinthe \u00e9pais dont il nous sera impossible de sortir ? Entreprendre une nouvelle interpr\u00e9tation d\u2019un mythe ancien, omnipr\u00e9sent dans notre culture, des arts plastiques \u00e0 la psychanalyse, semble ne pouvoir rien ajouter aux milliers de pages d\u00e9j\u00e0 \u00e9crites, qui prennent pour acquis la lecture du mythe qu\u2019en proposait Sigmund Freud\u2026 en faisant un nouveau mythe&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019en est rien. On peut affirmer avec assurance que les pages qui suivent offrent aux lecteurs inquiets du sort de l\u2019homme et de sa destin\u00e9e spirituelle des cl\u00e9s v\u00e9ritablement nouvelles pour comprendre la figure d\u2019\u0152dipe et, en lui, le destin de l\u2019homme tout court, de chacun de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avec l\u2019instinct d\u2019un savant habitu\u00e9 depuis de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 comprendre la r\u00e9v\u00e9lation biblique comme un puits v\u00e9ritablement in\u00e9puisable de renseignements pr\u00e9cieux pour la compr\u00e9hension de l\u2019homme, l\u2019auteur ne pouvait ignorer les conceptions et les questions anthropologiques qui \u00e9mergeaient d\u00e9j\u00e0 dans les mythes antiques. Ce livre est n\u00e9 d\u2019un long exercice de m\u00e9ditation sur l\u2019\u00e9nigme de l\u2019homme, en prenant conscience, apr\u00e8s beaucoup de recherches, cours radiophoniques et retraites de pri\u00e8re, que la question sur l\u2019homme ne peut \u00eatre r\u00e9solue que dans un dialogue avec le cr\u00e9ateur de l\u2019homme lui-m\u00eame. L\u2019anthropologie biblique s\u2019\u00e9crit en dialogue avec Dieu, ou peut-\u00eatre dans un combat amoureux, comme celui de Jacob avec l\u2019ange, o\u00f9 la demande \u00ab&nbsp;Quel est ton Nom&nbsp;?&nbsp;\u00bb revient \u00e0 l\u2019homme comme une b\u00e9n\u00e9diction qui le requalifie avec une nouvelle identit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ton nom sera Isra\u00ebl&nbsp;\u00bb (Gn 32, 25-29). C\u2019est toujours une anthropologie liturgique, o\u00f9 la question est pos\u00e9e comme une louange : \u00ab Qu\u2019est-ce que l\u2019homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l\u2019homme, pour que tu prennes garde \u00e0 lui ? \u00bb (Ps 8, 4). La trag\u00e9die antique, qui a donn\u00e9 une forme litt\u00e9raire au mythe d\u2019\u0152dipe \u00e9tudi\u00e9 dans ce livre, est aussi un acte d\u2019adoration. Sur le plateau du th\u00e9\u00e2tre l\u2019homme d\u00e9guis\u00e9 en h\u00e9ros, mais toujours bless\u00e9 de finitude, souffrance et solitude, place sa situation sans issue \u00e0 la lumi\u00e8re de la divinit\u00e9, comme une pri\u00e8re dans le sang, un myst\u00e8re mis en sc\u00e8ne, une sorte de sacrement de la souffrance humaine, une demande liturgique qui attend une r\u00e9ponse. Mais ce Dieu dont le Nom est Silence, r\u00e9pondra-t-il ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce livre montre que Dieu r\u00e9pond toujours \u00e0 la question de l\u2019homme, peut-\u00eatre avec une nouvelle question pos\u00e9e par Dieu lui-m\u00eame \u00e0 sa cr\u00e9ature. Il le fait premi\u00e8rement dans l\u2019\u00e9tincelle d\u2019inspiration qui bat dans les mythes anciens. Car l\u00e0 o\u00f9 existe une v\u00e9rit\u00e9 authentique, m\u00eame si elle est obscur\u00e9ment comprise, l\u2019inspiration divine a d\u00e9j\u00e0 souffl\u00e9 avec l\u2019impulsion de sa vie. Or, le mythe dit, dans un langage figur\u00e9 et symbolique, ce que l\u2019homme n\u2019est pas en mesure de reconna\u00eetre rationnellement. Fen\u00eatre sur l\u2019ab\u00eeme de l\u2019homme, le mythe est pr\u00e9cis\u00e9ment tragique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il exprime une situation pour laquelle il n\u2019y a pas d\u2019autre issue que la compassion cathartique et le cri de douleur. Le mythe surgit de mani\u00e8re intemporelle de l\u2019obscurit\u00e9 de l\u2019ab\u00eeme humain, mais il lance un cri vers l\u2019ab\u00eeme de Dieu, comme une invocation, un exercice d\u2019anthropologie liturgique qui offre au myst\u00e8re imp\u00e9n\u00e9trable de la t\u00e9n\u00e8bre divine le spectacle tragique du c\u0153ur transperc\u00e9 de d\u00e9sespoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La r\u00e9v\u00e9lation biblique, quant \u00e0 elle, utilise le m\u00eame langage symbolique, et parfois avec une complexit\u00e9 plus grande encore que les mythes, qui sont n\u00e9s du bilan de l\u2019exp\u00e9rience humaine mill\u00e9naire. La diff\u00e9rence, ce qui constitue le langage biblique comme un langage r\u00e9v\u00e9l\u00e9, c\u2019est la lumi\u00e8re m\u00eame de la divinit\u00e9 revers\u00e9e directement de la source divine pour \u00e9clairer, \u00e0 partir de l\u2019ab\u00eeme de Dieu, cet autre myst\u00e8re qui est l\u2019ab\u00eeme humain. \u00ab Abyssus abyssum invocat \u00bb (Ps 42, 8). Le langage de la r\u00e9v\u00e9lation, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 dans l\u2019histoire sacr\u00e9e du peuple d\u2019Isra\u00ebl et dans les paroles et les gestes du Messie J\u00e9sus, montre que la situation de l\u2019homme n\u2019est pas tragique, comme dans le mythe, mais dramatique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est possible d\u2019en sortir lorsqu\u2019on trouve les cl\u00e9s des n\u0153uds qui ont ferm\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur le chemin de l\u2019\u00e2me. La r\u00e9v\u00e9lation biblique illumine la raison de quiconque veut penser jusqu\u2019au fond, en poussant des eaux de la Parole les outils de la logique et l\u2019analogie, tr\u00e8s subtilement pr\u00e9sents dans le langage r\u00e9v\u00e9l\u00e9. En proposant avec une grande ma\u00eetrise l\u2019utilisation articul\u00e9e de tous ces outils, Jean Fran\u00e7ois Froger montre dans ce livre la profonde coh\u00e9rence anthropologique de la r\u00e9v\u00e9lation chr\u00e9tienne, ouverte \u00e0 la question sur l\u2019homme pos\u00e9e par le mythe, parce que la r\u00e9v\u00e9lation doit et peut r\u00e9pondre aux plus profondes questions du c\u0153ur humain. Le mythe, en effet, s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019inspiration, la cherche par instinct dans les t\u00e9n\u00e8bres, lui pose les \u00ab&nbsp;questions maudites&nbsp;\u00bb auxquelles seule la lumi\u00e8re du myst\u00e8re ouvert dans le Christ peut r\u00e9pondre. La r\u00e9v\u00e9lation est la lumi\u00e8re qui ouvre les espaces qui ne peuvent \u00eatre connus que par l\u2019inspiration, d\u00e9voilant les vrais n\u0153uds et offrant les voies de la r\u00e9demption de l\u2019homme \u0152dipe. Comme l\u2019indique le Concile Vatican II, dans un texte qui pourrait constituer la devise de ce livre&nbsp;: \u00ab&nbsp;En r\u00e9alit\u00e9, le myst\u00e8re de l\u2019homme ne s\u2019\u00e9claire vraiment que dans le myst\u00e8re du Verbe incarn\u00e9. Adam, en effet, le premier homme, \u00e9tait la figure de celui qui devait venir (cf. Rm 5, 14), le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la r\u00e9v\u00e9lation m\u00eame du myst\u00e8re du P\u00e8re et de son amour, manifeste pleinement l\u2019homme \u00e0 lui-m\u00eame et lui d\u00e9couvre la sublimit\u00e9 de sa vocation&nbsp;\u00bb (<em>Gaudium et Spes<\/em> 22, 1).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau travail de Jean-Fran\u00e7ois Froger exige une m\u00e9ditation d\u00e9taill\u00e9e, un travail minutieux. Les efforts ne seront pas d\u00e9\u00e7us, et les fruits seront f\u00e9conds. L\u2019enjeu du parcours propos\u00e9 d\u2019\u0152dipe \u00e0 J\u00e9sus en passant par Mo\u00efse, c\u2019est la vie profonde de l\u2019\u00e2me. L\u2019enjeu de ce livre c\u2019est la sant\u00e9 de notre culture humaine, tomb\u00e9e dans une profonde crise anthropologique. Notre temps a subi la menace la plus dangereuse, celle de la domination des quasi-v\u00e9rit\u00e9s qui, en promettant le salut au prix de notre aveuglement, cachent dans ses id\u00e9aux scintillants d\u2019une pure rationalit\u00e9 le visage ambigu d\u2019une Chim\u00e8re, la Sphinge qu\u2019est pour soi-m\u00eame l\u2019homme \u0152dipe. Les racines de notre crise sont profond\u00e9ment spirituelles. Le lecteur d\u00e9couvrira \u00e9merveill\u00e9 comment la Sphinge apparemment vaincue par \u0152dipe, mais en r\u00e9alit\u00e9 assimil\u00e9e dans la configuration de sa propre psychologie, repr\u00e9sente une conception de l\u2019homme qui est faite de l\u2019ajout ext\u00e9rieur d\u2019une partie seulement, la plus violente et imaginative, des vivants qui, dans l\u2019Apocalypse, forment l\u2019expression coh\u00e9rente et unifi\u00e9e de l\u2019unit\u00e9 int\u00e9rieure de l\u2019Homme accompli&nbsp;: \u00ab En face du tr\u00f4ne, il y a comme une mer de verre semblable \u00e0 du cristal ; et devant le tr\u00f4ne et autour du tr\u00f4ne, quatre vivants remplis d\u2019yeux devant et derri\u00e8re.&nbsp;Le premier vivant ressemble \u00e0 un lion, le second \u00e0 un jeune taureau, le troisi\u00e8me a comme la face d\u2019un homme, et le quatri\u00e8me ressemble \u00e0 un aigle qui vole.&nbsp;Ces quatre vivants ont chacun six ailes ; ils sont couverts d\u2019yeux tout \u00e0 l\u2019entour et au dedans, et ils ne cessent jour et nuit de dire : \u2018 Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, qui \u00e9tait, qui est et qui vient ! \u2018 \u00bb (Apocalypse 4, 6-8). La Sphinge perd coupablement l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de chaque vivant et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de cette quaternit\u00e9, en refusant son propre salut et le chemin de son int\u00e9gration, car elle exclut le jeune taureau, repr\u00e9sentant de la virginit\u00e9 de l\u2019\u00e2me et du sacrifice qui unifie et donne un sens \u00e0 la vie. Les plaies d\u2019\u00c9gypte, dont l\u2019\u00e9tude dans ce livre constitue un travail d\u2019une qualit\u00e9 ex\u00e9g\u00e9tique inou\u00efe, en proposant, nous semble-t-il, une lecture entre les plus lucides de l\u2019histoire jud\u00e9o-chr\u00e9tienne de la figure et la signification de Mo\u00efse, sont la r\u00e9v\u00e9lation du mal profond du vieillissement d\u2019\u0152dipe, et la proposition d\u2019une gu\u00e9rison dans la jeunesse humaine qu\u2019on trouvera seulement dans le Messie.<\/p>\n\n\n\n<p>On est aujourd\u2019hui en proie d\u2019une dangereuse d\u00e9rive, celle d\u2019une pseudo-trinit\u00e9 qui se r\u00e9v\u00e8le finalement comme une Chim\u00e8re de la V\u00e9rit\u00e9.<strong> <\/strong>L\u2019humain, en effet, a perdu son centre herm\u00e9neutique dans la foi trinitaire et dans le myst\u00e8re pascal du Christ<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Il s\u2019agit, \u00e0 la racine, d\u2019une perte du corps humain en tant que lieu herm\u00e9neutique de la divinit\u00e9<em>. <\/em>La crise a une racine th\u00e9ologique : la perte du foyer herm\u00e9neutique trinitaire, r\u00e9duit \u00e0 un \u00ab horizon de transcendance \u00bb incolore et fantomatique, peupl\u00e9 de noms terribles, idoles de la puissance humaine, qui seront rev\u00eatus de la mission de repr\u00e9senter dans le monde cet effroyable horizon du \u00ab Totalement Autre \u00bb !<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Face \u00e0 la v\u00e9ritable Trinit\u00e9 que nous, chr\u00e9tiens, proclamons sans savoir la comprendre, nous sommes en face d\u2019un v\u00e9ritable d\u00e9s\u00e9quilibre trinitaire, une Sphinge du myst\u00e8re, une contre-r\u00e9plique \u0153dipienne et apocalyptique, bestiale, qui constitue la trame de nombreuses d\u00e9rives de la Modernit\u00e9 : les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019expulsion du Christ de la culture et du c\u0153ur humain, la conceptualisation rationaliste de l\u2019\u00eatre et de Dieu lui-m\u00eame, l\u2019id\u00e9al philosophique d\u2019une \u00ab nature pure \u00bb, purifi\u00e9e de toute trace de gr\u00e2ce ou d\u2019histoire, la \u00ab normalisation \u00bb (domestication) du Fils dans une humanit\u00e9 commune d\u2019en bas (une humanit\u00e9 que personne n\u2019a con\u00e7ue, et dont le destin est la mort et le n\u00e9ant), la logicisation de l\u2019Esprit, confondant le spirituel avec l\u2019abstrait, laisseront l\u2019\u00e2me, ravag\u00e9e, dans une s\u00e9paration et une ignorance totales de l\u2019(E)esprit. Voici les trois visages de cette Sphinge \u00e9nigmatique&nbsp;: le P\u00e8re d\u00e9-potentialis\u00e9, le Fils devenu orphelin, l\u2019Esprit exil\u00e9. Cette Sphinge propose \u00e0 l\u2019homme une identit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de son v\u00e9ritable visage humain, qui ne brille que dans le myst\u00e8re de sa filiation. Ce myst\u00e8re qui r\u00e9clame le combat spirituel et la confiance la plus profonde dans la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019homme, qui est manifest\u00e9e sur la Croix du Christ. Le cheminement vers la vraie Trinit\u00e9, vers le culte du Dieu vrai, se noue au centre du carrefour o\u00f9 l\u2019homme doit d\u00e9cider de sa propre \u00e9nigme. Parce que l\u2019homme, chacun de nous, est vraiment une profonde \u00e9nigme, une <em>quaestio insoluta<\/em>, comme propose Vatican II&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pendant ce temps, tout homme demeure \u00e0 ses propres yeux une question insoluble qu\u2019il per\u00e7oit confus\u00e9ment [<em>quaestio insoluta, subobscure percepta<\/em>]. \u00c0 certaines heures, en effet, principalement \u00e0 l\u2019occasion des grands \u00e9v\u00e9nements de la vie, personne ne peut totalement \u00e9viter ce genre d\u2019interrogation. Dieu seul peut pleinement y r\u00e9pondre et d\u2019une mani\u00e8re irr\u00e9cusable, lui qui nous invite \u00e0 une r\u00e9flexion plus profonde et \u00e0 une recherche plus humble \u00bb (<em>Gaudium et Spes<\/em> 21, 4). Et le lieu de cette filiation retrouv\u00e9e de l\u2019Homme vrai sorti de l\u2019Egypte du mensonge pour instaurer dans le d\u00e9sert le culte de ce Dieu vrai est pr\u00e9cis\u00e9ment la Croix du Christ et de l\u2019humanit\u00e9, au carrefour de tous les chemins, comme disait saint Jean Paul II&nbsp;dans une m\u00e9ditation \u00e0 l\u2019issue du Chemin de Croix du Vendredi Saint (1<sup>er<\/sup> avril 1994) : \u00abTr\u00e8s chers amis, nous avons ce devoir commun, nous devons dire ensemble de l\u2019Orient \u00e0 l\u2019Occident :&nbsp;<em>Ne evacuatur Crux&nbsp;<\/em>(cf. 1&nbsp;Co&nbsp;1, 17). Que ne soit pas vid\u00e9e de son sens la Croix du Christ, parce que si la Croix du Christ est vid\u00e9e de son sens, l\u2019homme n\u2019a plus de racines, il n\u2019a plus de perspectives, il est d\u00e9truit ! C\u2019est le cri de la fin du XX e si\u00e8cle. C\u2019est le cri de Rome, le cri de Constantinople, le cri de Moscou. C\u2019est le cri de toute la chr\u00e9tient\u00e9 des Am\u00e9riques, de l\u2019Asie, de tous. C\u2019est le cri de la nouvelle \u00e9vang\u00e9lisation \u00bb (Jean Paul II, Lettre Apostolique Orientale lumen, 3).<\/p>\n\n\n\n<p>On est invit\u00e9 \u00e0 faire un voyage passionnant dans les images, tr\u00e8s pr\u00e9cises et coh\u00e9rentes si elles sont lues dans son ensemble, des trois figures symboliques&nbsp;qui expriment la trag\u00e9die d\u2019\u0152dipe, la lib\u00e9ration divine propos\u00e9e par Mo\u00efse et la culmination accomplie dans le Christ : la <em>Sphinge<\/em> d\u2019\u0152dipe, le <em>Buisson ardent<\/em> de Mo\u00efse et la <em>Croix<\/em> du Messie. Cette derni\u00e8re r\u00e9sume les deux premi\u00e8res et leur donne un sens de l\u2019int\u00e9rieur&nbsp;: la question de l\u2019homme repose finalement sur le lieu de supplice d\u2019un Souffrant aux pieds transperc\u00e9s et le front d\u00e9chir\u00e9 par la couronne d\u2019\u00e9pines, signe et en m\u00eame temps r\u00e9demption de l\u2019ancienne mal\u00e9diction de la terre&nbsp;; le tr\u00f4ne d\u2019un Roi bless\u00e9 d\u2019amour dont un sombre souverain de ce monde, quelqu\u2019un qui doutait de la v\u00e9rit\u00e9 (cf. Jn 18, 38), m\u00eame s\u2019il avait devant ses yeux la V\u00e9rit\u00e9 en Personne, a dit au monde entier: <em>Ecce homo&nbsp;!<\/em> (Jn 19, 5). Paradoxalement, il a proclam\u00e9 \u00e0 son insu la plus haute v\u00e9rit\u00e9 en la montrant \u00e0 la vue de toutes les g\u00e9n\u00e9rations humaines. Voici l\u2019Homme&nbsp;: cet Innocent, Il est la V\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En ces trois symboles, un message d\u2019esp\u00e9rance est offert \u00e0 notre culture, en indiquant, sans regarder le politiquement correct, mais avec un grand respect pour la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019homme, les racines de la crise anthropologique que nous vivons : la confusion qui affecte la sexualit\u00e9 humaine indique le d\u00e9s\u00e9quilibre de la relation de l\u2019homme avec Dieu&nbsp;: \u00ab Lorsque une soci\u00e9t\u00e9 veut couper l\u2019homme de sa transcendance, elle n\u2019a pas besoin de s\u2019attaquer aux grands \u00e9difices des \u00e9glises et des religions, il lui suffit de d\u00e9grader la relation entre l\u2019homme et la femme \u00bb (Chr. Singer, <em>Du bon usage des crises<\/em>, Albin Michel, 2001, p. 57).&nbsp;Dans la culture de l\u2019homosexualit\u00e9 la transcendance de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 est ni\u00e9e, et \u00e0 la racine se trouve la situation d\u2019une rationalit\u00e9 autor\u00e9f\u00e9rentielle qui a perdu l\u2019\u00e9quilibre entre le ciel et la terre, entre la dimension horizontale et la dimension verticale. C\u2019est l\u00e0 le malheur \u0153dipien, le contact manqu\u00e9 de ses pieds avec la terre, qui est la r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9elle. Mais les pieds transperc\u00e9s d\u2019\u0152dipe trouvent un \u00e9cho, \u00e0 des si\u00e8cles de distance, dans les pieds d\u2019un Crucifi\u00e9 sur la croix. En effet, il semble que toute l\u2019histoire de la passion du Messie r\u00e9ponde merveilleusement \u00e0 l\u2019\u00e9nigme pos\u00e9e par \u0152dipe, pour lui indiquer le mal dont les seules forces humaines sont incapables de le faire sortir, en lui offrant la voie de la r\u00e9demption. Au milieu de ce dialogue anthropologique entre Dieu et l\u2019homme \u00e0 des si\u00e8cles de distance, la figure de Mo\u00efse marque le d\u00e9but de la gu\u00e9rison, le travail pour une nouvelle humanit\u00e9. L\u2019auteur du livre rel\u00e8ve patiemment les traits qui unissent les trois figures, invitant le lecteur \u00e0 une lecture qui le surprendra, d\u00e9couvrant avec admiration le sens et la coh\u00e9rence de la r\u00e9v\u00e9lation mise en dialogue avec la culture humaine. Surpris aussi par l\u2019immense valeur de cette cr\u00e9ature faible et fragile, vou\u00e9e \u00e0 la souffrance et \u00e0 la mort, et par l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il y a \u00e0 passer toute sa vie \u00e0 sonder son myst\u00e8re, Dosto\u00efevski \u00e9crivait dans sa jeunesse : \u00ab L\u2019homme est un myst\u00e8re. Il faut percer ce myst\u00e8re \u00e0 jour, et si on emploie toute sa vie \u00e0 cela qu\u2019on ne dise pas qu\u2019on a perdu son temps ; je me penche sur ce myst\u00e8re car je veux \u00eatre un homme \u00bb (Lettre du 16 ao\u00fbt 1839 \u00e0 Mikha\u00efl Dosto\u00efevski, son fr\u00e8re). Dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, il a \u00e9crit&nbsp;: \u00ab Tout en restant pleinement r\u00e9aliste <em>trouver l\u2019homme dans l\u2019homme<\/em>\u2026 On m\u2019appelle psychologue, c\u2019est faux, je suis seulement un r\u00e9aliste au sens le plus \u00e9lev\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire je peins toutes les profondeurs de l\u2019\u00e2me humaine \u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Cette t\u00e2che, celle de <em>trouver l\u2019homme dans l\u2019homme<\/em>, est au c\u0153ur de l\u2019aventure que nous propose ce livre. Comment peuvent s\u2019\u00e9clairer r\u00e9ciproquement les trois langages, celui du mythe, celui de la figure mosa\u00efque et celui qui est propre \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation chr\u00e9tienne, pour sonder en profondeur la situation anthropologique et th\u00e9ologique dans laquelle nous vivons dans les temps difficiles que nous devons traverser et illuminer dans l\u2019esp\u00e9rance, nous pla\u00e7ant sur la <em>Colonne et le fondement de la v\u00e9rit\u00e9<\/em> ? (1 Tim 3, 15). Jean-Fran\u00e7ois Froger propose la m\u00e9ditation de ces trois symboles puissants pour \u00ab peindre la profondeur de l\u2019\u00e2me humaine \u00bb, une \u00e2me virginale, fonci\u00e8rement mariale, comme on apprend dans la contemplation patristique autour de la figure de Mo\u00efse, pr\u00e9sente aussi dans ce livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e9goire de Nysse, en effet, en commentant l\u2019\u00e9pisode du Buisson Ardent, explique&nbsp;: \u00ab Ce passage nous enseigne \u00e9galement le myst\u00e8re de l\u2019enfantement virginal, le feu de la divinit\u00e9 qui, en naissant, a illumin\u00e9 le monde, a laiss\u00e9 intact le buisson dont il \u00e9manait et l\u2019enfantement n\u2019a pas fl\u00e9tri la fleur de la virginit\u00e9 de Marie. Le premier enseignement que nous donne cette lumi\u00e8re, c\u2019est de nous apprendre ce que nous devons faire pour nous tenir sous les rayons de la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;: et c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas possible \u00e0 des pieds chauss\u00e9s de courir vers la hauteur o\u00f9 la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 appara\u00eet, mais qu\u2019il faut d\u00e9pouiller les pieds de l\u2019\u00e2me du rev\u00eatement des peaux mortes dont notre nature a \u00e9t\u00e9 rev\u00eatue aux origines lorsque nous f\u00fbmes mis \u00e0 nu pour avoir d\u00e9sob\u00e9i au commandement divin. Quand nous aurons fait cela, la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 se manifestera d\u2019elle-m\u00eame. En effet la connaissance de ce qui est r\u00e9sulte de la purification de l\u2019opinion qui porte sur ce qui n\u2019est pas. C\u2019est, \u00e0 mon avis, la d\u00e9finition de la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre une saisie certaine de l\u2019\u00eatre&nbsp;; l\u2019erreur, elle, est une illusion qui se produit dans l\u2019esprit et qui donne l\u2019apparence d\u2019exister \u00e0 ce qui n\u2019est pas&nbsp;; la v\u00e9rit\u00e9 au contraire est la ferme appr\u00e9hension de ce qui est. Or il faut de longues p\u00e9riodes de temps pass\u00e9es dans le recueillement \u00e0 m\u00e9diter ces hautes questions, pour parvenir \u00e0 saisir p\u00e9niblement ce qu\u2019est vraiment l\u2019\u00eatre qui poss\u00e8de l\u2019existence par nature et ce qu\u2019est le non-\u00eatre qui a seulement l\u2019apparence d\u2019exister, mais qui n\u2019a de lui-m\u00eame aucune r\u00e9alit\u00e9 \u00bb (Gr\u00e9goire de Nysse, <em>Contemplation sur la vie de Mo\u00efse, ou trait\u00e9 de la perfection en mati\u00e8re de vertu<\/em>, Sources Chr\u00e9tiennes 1, Paris, 1942, 59-61).<\/p>\n\n\n\n<p>La figure de Mo\u00efse invite \u00e0 un nouvel exode de la pens\u00e9e, aux risques de la foi et de l\u2019inspiration, pour arriver \u00e0 une contemplation toujours nouvelle et jaillissante de J\u00e9sus, Verbe de Dieu, nous gu\u00e9rissant de la blessure \u0153dipienne avec sa naissance, sa mort et sa r\u00e9surrection, surtout, et de quelle fa\u00e7on ! avec sa r\u00e9surrection. Dans ce chemin d\u2019\u0152dipe \u00e0 J\u00e9sus s\u2019est inscrit tout le programme d\u2019une nouvelle th\u00e9ologie spirituelle \u00e0 m\u00eame de lire les myst\u00e8res de la vie de J\u00e9sus, de sa naissance virginale \u00e0 son ascension, comme r\u00e9v\u00e9lation et accomplissement du myst\u00e8re de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Fran\u00e7ois Froger nous offre dans son parcours un chemin de libert\u00e9, un vrai Jardin d\u2019Humanit\u00e9 pour travailler \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance du monde. Avec l\u2019audace de la foi, il faudrait semer des arbres de vie dans les carrefours de notre culture, pour purifier l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9touffante qui tue l\u2019innocence des jeunes et fait vieillir les enfants, rendant irrespirable l\u2019existence de l\u2019homme. On pourrait, sous l\u2019inspiration des r\u00e9flexions de ce beau livre, fonder des lieux eccl\u00e9siaux autour du Buisson Ardent de la Nouvelle Alliance, Marie, terre vierge, o\u00f9 les \u00e9pines du p\u00e9ch\u00e9 ont disparu pour lib\u00e9rer l\u2019espace inexplor\u00e9 de la virginit\u00e9 de l\u2019\u00e2me et la raison humaine est appel\u00e9e \u00e0 l\u2019aventure d\u2019une nouvelle innocence, de merveille en merveille, sur la route qui traverse le d\u00e9sert de la Parole divine de Mo\u00efse \u00e0 J\u00e9sus. Ce seraient des lieux d\u2019\u00e9tude et d\u2019adoration o\u00f9 l\u2019homme \u0153dipien de notre post-modernit\u00e9 bless\u00e9 aux pieds, tomb\u00e9 sans \u00e9quilibre dans la violence d\u2019une rationalit\u00e9 qui a peur de la vie, perdu dans le d\u00e9sespoir de ses pas fugitifs, victime de tant de sphinx-sphynges ambigus et trompeurs qui lui promettent le pouvoir s\u2019il renonce \u00e0 la souffrance de son propre myst\u00e8re, puisse trouver la voix qui l\u2019appelle de son nom personnel pour sortir \u00e0 la conqu\u00eate d\u2019une compl\u00e8te gu\u00e9rison de sa mentalit\u00e9 profonde en suivant la marche \u00e9vang\u00e9lique du nouvel Homme et de la nouvelle Femme. Sur ses traces, le c\u0153ur humain pourra poursuivre le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 la terre promise du vrai culte du Dieu vivant et, dans l\u2019\u00e9quilibre retrouv\u00e9, marcher avec le b\u00e2ton de la Croix vers le mont de l\u2019Ascension, vers l\u2019accomplissement de l\u2019humanit\u00e9 dans la joie de la vraie libert\u00e9. Des lieux eucharistiques de gu\u00e9rison spirituelle et culturelle, des maisons de Marie Buisson ardent o\u00f9 le sein qui con\u00e7oit virginalement l\u2019humanit\u00e9 du Fils devient l\u2019espace d\u2019une reconception sans tache de tout homme devenu fils, le signe sacramentel de la vraie conception de l\u2019homme, le laboratoire anthropologique pour la r\u00e9surrection de l\u2019humanit\u00e9 dans l\u2019homme. C\u2019est pour toi, doux lecteur, que ce livre crie dans le d\u00e9sert : ne vends pas le tr\u00e9sor enferm\u00e9 dans ta douleur pour payer un bonheur \u00e9ph\u00e9m\u00e8re&nbsp;! N\u2019ai pas peur des obscurit\u00e9s du pr\u00e9sent, car les plaies de l\u2019histoire r\u00e9v\u00e8lent finalement leur myst\u00e8re de gr\u00e2ce douloureuse : elles sont les blessures de l\u2019amour, le prix de l\u2019enfance retrouv\u00e9e au bout du chemin, car le commencement est \u00e0 la fin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e8re Francisco Jos\u00e9 L\u00f3pez S\u00e1ez, Professeur d\u2019eccl\u00e9siologie au Grand S\u00e9minaire de Ciudad Real et de liturgie et spiritualit\u00e9 des \u00c9glises de l\u2019Orient \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 San D\u00e1maso de Madrid<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf. J.-M. Le Guillou, <em>Le myst\u00e8re du P\u00e8re. Foi des Ap\u00f4tres. Gnoses actuelles<\/em>, Libraire Arth\u00e8me Fayard, Paris 1973.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> F.M. Dosto\u00efevski, <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Saint-P\u00e9tersbourg, 1882-1883, T. I, p. 373.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9face du P\u00e8re Francisco Jos\u00e9 L\u00f3pez S\u00e1ez pour l\u2019ouvrage \u00ab&nbsp;Mo\u00efse et \u0152dipe&nbsp;\u00bb de J-F Froger Parcours de la Sphynge d\u2019\u0152dipe \u00e0 la Croix du Christ, en traversant le myst\u00e8re marial du Buisson Ardent de Mo\u00efse Le titre de ce livre pourrait nous surprendre&nbsp;: comment trouver des points communs entre le mythe d\u2019\u0152dipe et la vie &hellip; <a href=\"https:\/\/enseignement-froger.fr\/?page_id=567\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Pr\u00e9face : Mo\u00efse et \u0152dipe<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-567","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=567"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/567\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":581,"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/567\/revisions\/581"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/enseignement-froger.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}